Infirmier

Saviez-vous qu'Edith Piaf avait été ainsi prénommée pour honorer une infirmière ?

Le 19 décembre 1915 naissait Edith Piaf. Tout le monde connaît aujourd'hui la célèbre chanteuse mais saviez-vous que la "Môme" avait été ainsi nommée par ses parents pour honorer une infirmière décédée deux semaines plus tôt ?

Eh oui ! RemplaFrance revient sur l'histoire d'Edith Cavell, infirmière héroïne de la Première Guerre Mondiale.

Edith Cavell, née le 4 décembre 1865 dans le petit village anglais de Swardeston, a intégré l'école d'infirmières de Londres tardivement. Après avoir pris soin de son père jusqu'à sa mort, elle décide en effet, à 30 ans, de se consacrer aux patients de 7h à 21h.

Une fois diplômée, elle part ensuite à Bruxelles pour créer une école d'infirmières qui devient populaire lorsque la reine de Belgique s'y fait soigner après une facture du bras. En 1914, Edith Cavell crée ensuite trois autres écoles et réhausse le prestige de la profession. Dans le même temps, elle collabore au journal English Nursing Mirror puis crée en 1912 son magazine, L'Infirmière.

Contre l'avis de sa famille à laquelle elle était venue visite, elle décide de retourner à Bruxelles qui vient d'être envahie par l'Allemagne. Elle découvre alors que son hôpital est devenu un établissement de la Croix Rouge pour les Allemands.

Après avoir aidé la résistance à de nombreuses reprises, un français infiltré ou un soldat britannique imprudent, suivant les versions, la compromette. Elle est alors arrêtée en août 1915 et emprisonnée pendant dix semaines à la prison Saint-Gilles. Edith Cavell et jugée pour trahison, sans que son avocat puisse jamais la rencontrer et surtout sans qu'elle ne cherche à se défendre, reconnaissant la totalité des charges qui pèsent sur elle. Elle est condamnée à mort. Refusant qu'on lui bande les yeux ou d'avoir les mains liées, elle fait face au peloton d'exécution le lendemain à 2h du matin, ne laissant aucune chance aux diplomates n'intercéder une ultime fois en sa faveur. Evanouie à la pointe des fusils, elle est lâchement abattue par un officier.


Cet acte de barbarie et d'une grande bassesse morale eut un immense écho dans la presse mondiale. Il eut aussi pour conséquence un doublement du recrutement au sein de l'armée britannique huit semaines plus tard, atteignant 40 000 conscrits. L'écrivain Stefan Zweig écrira dans Le Monde d'Hier: Souvenirs d'un Européen (paru en 1944) &"L'exécution de l'infirmière Cavell, le torpillage du &"Lusitania&" furent plus fatals à l'Allemagne qu'une bataille perdue, grâce à l'explosion d'universelle indignation qu'ils provoquèrent".


Après la guerre, la dépouille d'Edith Cavell fut ramenée dans sa patrie natale, à l'abbaye de Westminster. Le roi George V souhaitait qu'elle y soit inhumée, mais sa famille tenait à ce qu'elle repose là où elle avait vécu.


De nombreux monuments et rues portent son nom, de l'Angleterre à la Nouvelle-Zélande en passant par la France et le Canade. Elle est également honorée le 12 octobre par l'Eglise Anglicane.


Pour plus d'informations, vous pouvez lire l'article du Dr Marc Gozlan sur leBlog du monde